» le chat est une femme qui ne ment pas « 

 

Artiste iconoclaste, qui a toujours su mettre en avant les simples gens et donner à l’humanité une part de rêve.

« Les chats ? Je les adore », disait Brassens.Brassens aimait tous les animaux. N’a-t’il pas chanté   la cane, les papillons … Il s’est plus que bien accommodé de la ménagerie de Jeanne. Il aimait aussi les chiens et a même eu un perroquet. Mais Le chat est inséparable de Brassens et vice-versa. Sur le CD 12, vous pourrez même l’entendre dire qu’il aurait aimé être un chat. Entre animaux à moustache on s’entend bien.

 Alors, dans ses chansons, Brassens il en a mis des chats. Brave Margot, Putain de toi, Le testament, Don Juan, Jeanne… Même dans son roman, La tour des miracles, cette loufoquerie surréaliste où les habitants de la tour ont de vrais chats dans la gorge.

 La chanson où Brassens nous a laissé entrevoir sa vie entourée de félins, c’est Putain de toi. Quand il est arrivé en 1952 chez Patachou, c’était l’une des vingt-neuf écrites sur ses cahiers. En 1953, il la chantait au cabaret La Villa d’Este, vous en avez un enregistrement sur le CD 15. Chanson qui mettait tout le monde en joie, y compris Brassens lui-même, mais chanson plus délicate à faire accepter sur disque. Il a fallu attendre le 33t n°3, en 1955 (CD 2) pour sa sortie, en face B de La prière et la Chanson pour l’Auvergnat. Brassens partage avec Sartre l’honneur des deux titres les plus célèbres des années 50 commençant par “P…”. Pas question à l’époque d’afficher partout le mot “putain”, qu’elle soit “respectueuse” ou “de toi”. Je vous parle d’un temps que les moins de huit ans qui traitent tout le monde de pute ne peuvent pas connaître.

Vous l’avez sûrement déjà vu en photographie, ce sacré bonhomme au regard si tendre, tenant dans les bras une guitare… ou un chat.
Monsieur Georges Brassens aimait la musique, la lecture, les animaux et surtout les chats.
Il « avait » des chats, mais ne les « possédait » pas.
Il ne les prénommait pas, les chats étaient tous « Le chat ».
Il ne les appelait pas, les chats venaient vers lui, ou pas, quand ils voulaient.
Il les laissait entrer et sortir comme bon leur semblait :
Il respectait leur indépendance.

Extraits de ces chansons dans lesquelles le chat fait une apparition….

 Le testament

Qu´il boiv´ mon vin, qu´il aim´ ma femme
Qu´il fum´ ma pipe et mon tabac
Mais que jamais – mort de mon âme
Jamais il ne fouette mes chats
Quoique je n´aie pas un atome
Une ombre de méchanceté
S´il fouett´ mes chats, y a un fantôme
Qui viendra le persécuter

 

La brave Margot

 

Margoton, la jeune bergère,
Trouvant dans l’herbe un petit chat
Qui venait de perdre sa mère,
L’adopta…
Elle entrouvre sa collerette
Et le couche contre son sein.
C’était tout c’ qu’elle avait, pauvrette,
Comm’ coussin…
Le chat, la prenant pour sa mère,
Se mit à têter tout de go.
Emu’, Margot le laissa faire…
Brav’ Margot !
Un croquant, passant à la ronde,
Trouvant le tableau peu commun,
S’en alla le dire à tout l’ monde,
Et, le lendemain…Quand Margot dégrafait son corsage
Pour donner la gougoutte à son chat,
Tous les gars, tous les gars du village,
Etaient là, la la la la la la …
Etaient là, la la la la la…L’ maître d’école et ses potaches,
Le mair’, le bedeau, le bougnat,
Négligeaient carrément leur tâche
Pour voir ça…
Le facteur, d’ordinair’ si preste,
Pour voir ça, ne distribuait plus
Les lettres que personne, au reste,
N’aurait lues…Pour voir ça (Dieu le leur pardonne !)
Les enfants de chœur, au milieu
Du saint sacrifice, abandonnent
Le saint lieu…
Les gendarmes, mêm’ les gendarmes,
Qui sont par natur’ si ballots,
Se laissaient toucher par les charmes
Du joli tableau…Mais les autr’s femm’s de la commune,
Privé’s d’ leurs époux, d’ leurs galants,
Accumulèrent la rancune,
Patiemment…
Puis un jour, ivres de colère,
Elles s’armèrent de bâtons
Et, farouch’s, elles immolèrent
Le chaton…
La bergère, après bien des larmes,
Pour s’ consoler prit un mari,
Et ne dévoilà plus ses charmes
Que pour lui…
Le temps passa sur les mémoires,
On oublia l’événement,
Seuls des vieux racontent encore
A leurs p’tits enfants…
chats copy


 

La Jeanne, la Jeanne
On la paie quand on peut des prix mirobolants
Un baiser sur son front ou sur ses cheveux blancs
Un semblant d’accord de guitare
L’adresse d’un chat échaudé
Ou d’un chien tout crotté comm’ pourboire

 

 

 Putain  de toi …

Un soir de pluie v´là qu´on gratte à ma porte
Je m´empresse d´ouvrir, sans doute un nouveau chat
Nom de dieu l´beau félin que l´orage m´apporte
C´était toi, c´était toi, c´était toi

Les yeux fendus et couleur pistache
T´as posé sur mon cœur ta patte de velours
Fort heureus´ment pour moi t´avais pas de moustache
Et ta vertu ne pesait pas trop lourd

Au quatre coins de ma vie de bohème
T´as prom´né, t´as prom´né le feu de tes vingt ans
Et pour moi, pour mes chats, pour mes fleurs, mes poèmes
C´était toi la pluie et le beau temps

Mais le temps passe et fauche à l´aveuglette
Notre amour mûrissait à peine que déjà
Tu brûlais mes chansons, crachais sur mes viollettes
Et faisais des misères à mes chats

 

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Brassens & les animaux

Gloire à qui freine à mort, de peur d’écrabouiller

Le hérisson perdu, le crapaud fourvoyé…

 

Gloire au flic qui barrait le passage aux autos

Pour laisser traverser les chats de Léautaud…

 Ainsi commence l’énumération des « attitudes d’humains si généreux qu’ils en deviennent héroïques, exemplaires » (Alain Poulanges), que Brassens associe à chaque étape de la conquête d’une fille tellement vilaine qu’il la faut à Don Juan. Dans les deux cas, cette générosité s’adresse aux animaux.

Georges évoque Paul Léautaud … ce personnage.

Il a obtenu une célébrité qu’il ne recherchait guère grâce à une série de 38 entretiens, accordés à Robert Mallet, et diffusés sur les ondes de la Radio Diffusion Française de décembre 1950 à juillet 1951.
Paul Léautaud 'Ma meilleure société"

 

Un autre militant de la cause animale mérite d’être évoqué ici. Jean-Paul Steiger (1942-2011) depuis l’enfance a consacré toute son énergie à la défense des animaux, faisant de la souffrance animale son cheval de bataille, qu’elle se manifeste dans les abattoirs, sous forme de massacres à des fins commerciales ou au quotidien. Fondateur dès 15 ans des Clubs « Chouette », du mouvement des Jeunes Amis des Animaux pour lesquels il reçoit le soutien de nombreuses personnalités, il sera plus tard chargé de la communication à la SPA. En 1975, il raconte une partie de ses luttes dans « La plus Chouette histoire de tous les temps », livre dont il demande la préface à Brassens.
« Les bêtes sont ce que j’aime le plus au monde », a souvent dit Paul Léautaud. Ce Bestiaire est composé des parties du Journal littéraire consacrées aux histoires d’animaux, de 1908 à 1926, données ici dans leur intégralité, et que Paul Léautaud lui-même avait supprimées. Peut-être avait-il quelque honte à se montrer, lui, le célèbre misanthrope, si tendre envers ses bêtes… A Paris, puis à Fontenay-aux-Roses, les demeures de l’auteur furent constamment envahies de chiens et de chats, malades ou abandonnés. Follement attendri, Léautaud reconstitue leur histoire. Mais il y a plus : comment ces étranges passions ont influé sur les rapports de Léautaud avec ses amis, ses maîtresses, et presque sur sa carrière littéraire, c’est ce qu’il nous conte lui-même, en des pages où l’émotion le dispute à la cocasserie.Bestiaire, Paul LéautaudA propos de l’auteurPaul Léautaud (1872-1956) vécu à Fontenay dans un petit pavillon avec un grand jardin livré à ses pensionnaires de la gent animale : plus d’une vingtaine de chiens et autant de chats, des singes, une oie. Il continua cependant à travailler à Paris où il fut secrétaire de rédaction au Mercure de France, partait le matin et rentrait le soir nourrir ses animaux avant de ressortir pour assister aux pièces de théâtre dont il était critique. A Fontenay il passa longtemps pour un vieillard un peu fou. Des entretiens à la radio en 1952 le révélèrent au public et soudain aux Fontenaisiens. Léautaud est l’auteur de récits essentiellement autobiographiques, sarcastiques, empreints d’un cynisme frondeur
 
Paul LéautaudNé d’un père comédien et souffleur à la Comédie-Française, Paul Léautaud est abandonné à cinq jours par sa mère, comédienne, qui lui préfère ses amies des Folies-Bergères. Marie Pezé, la bonne de son père, s’occupe de l’enfant, l’emmenant souvent avec elle dans sa mansarde où le petit Paul est plus heureux qu’au domicile paternel. Adolescent, il se passionne pour la poésie et à vingt ans, il découvre Stendhal. Comme son père, souvent violent, refuse de dépenser pour lui, Paul Léautaud exerce divers petits boulots dès après l’école élémentaire, avant d’entrer en 1889 à La République française. En 1893, il commence son journal, qu’il tiendra jusqu’en 1956 et dont le premier volume sera publié en 1954. ‘Le Petit Ami’ paraît en 1903 et, en 1908, il entre comme secrétaire au Mercure de France, y assurant une rubrique théâtrale qu’il assure également à la NRF et aux Nouvelles Littéraires. Solitaire et reclus, préférant la compagnie des animaux grands et petits, Paul fréquente néanmoins les milieux littéraires et intellectuels parisiens. Détestant les histoires de fiction, pour l’écrivain, vie et écriture se rejoignent, et il ne cesse d’observer ses contemporains transformant ce qu’il vit en matière littéraire, transcrivant ses convictions dans un style direct et souvent acerbe. Son journal, divisé en deux parties ‘Journal Littéraire’ et ‘Journal Particulier’, est publié en dix-neuf volumes, de 1954 jusqu’en 1966, quelques jours avant sa mort.

 

 

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