Une voix …
Avec cette voix profonde qui sentait la cigarette,
le vin…qui n’avait besoin de rien d’autre que l’accordéon
magique de Lino Léonardi pour balancer les chansons
de poètes qu’elle aimait : Couté , Villon,
Ronsard, Katia Granoff, Aragon ( Entre pleurer et rire )
et bien sûr Mac Orlan, dont elle est grande interprète avec
Germaine Montéro, parce que la voix de Monique confine au mythe
des chanteuses dans les ports du bout du monde ;
Et dans son cabaret, où elle chantait tous les soirs
– ou presque,
beaucoup ont chanté, dont Colette Magny.
Les jam-sessions réunissaient sur scène Marc Ogeret,
Hélène Martin, James Ollivier, Jacques Doyen et au gré des soirées
et des disponibilités Francesca Solleville, Anne Sylvestre,
Monique un choix de chansons de poètes principalement
et non des moindres, déjà mis en musique et chantés
par d’autres interprètes ou mis en musique
par son compagnon et accompagnateur Lino Léonardi
(Maintenant que la jeunesse, etc…),
une voix profonde, venue du vécu,
d’une vie bien remplie et d’une femme qui n’avait pas oublié de fumer
et de tâter du gros rouge, une présence telle,
dans sa robe blanche barrée d’une large écharpe rouge,
qu’il n’était nul besoin d’orchestre tonitruant, d’éclairages au laser,
de fumées qui mettent la salle dans le brouillard pour qu’elle s’impose…
Lino à l’accordéon, Monique chante, ouvre les bras et le voyage commence…
T’emportant dans ces ports du bout du monde sortis de l’imagination de Mac Orlan,
Tu côtoies putes et marins…
Tu craches tes poumons en fumant Du Gris…
Tu prends un sacré coup de vieux en voyant ta jeunesse qui se cavale au trot…
Tu tiens dans tes mains Les Mains d’Elsa…
Tu ripailles avec Villon…
Tu es amoureux comme Ronsard…
Tu laves ta lessive le jour qu’il faut…
Tu es presque séduit par Gilles de Ray…
Tu te replonges dans Carco….
Plus jamais tu n’oublies Nelly de Recouvrance, ni Marie-Dominique et…
Tu te dis, avec elle, que « ça n’a pas d’importance »…
Et que peut-être un jour tu rencontreras Jean de la Providence de Dieu !

















