Trois rencontres

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Robert Doisneau, le révolté du merveilleux raconte comment cet enfant des faubourgs est devenu l’un des plus célèbres photographes du monde.

 

Pendant prés de six décennies, Robert Doisneau fut un glaneur d’instants, fixant, jour après jour, des situations ordinaires pour nous offrir des clichés empreints de poésie et d’humour.

Au gré des flâneries, de rues en rues, l’œil scrutateur saisit des images simples qui laissent souvent poindre une certaine complicité. Tout le monde connaît les photos d’enfants et d’adultes dans le décor de leur vie quotidienne avec une connivence envers ces inconnus mais il ne faut pas oublier la série de portraits de scientifiques.

Son contrat avec le magazine « Vogue », de 1949 à 1951, puis à titre de collaborateur permanent, le conduit à effectuer des clichés de célébrités de l’époque : Brigitte Bardot, Tati, Pablo Picasso, Jacques Prévert… C’est ainsi qu’il fait la connaissance d’un jeune poète, chanteur débutant, un rien maladroit : Georges Brassens. Séduit, le photographe trouve dans cette personnalité encore non révélée, une source d’inspiration immédiate.

 

Il semble que René Fallet qui vient de rencontrer Georges Brassens pour la première fois aux Trois Baudets ait tissé le lien entre le photographe et l’artiste, échafaudant des projets insensés, des scènes bucoliques autour de parties de pêche en bord de Seine : tous la canne à la main pour taquiner le goujon !

En fait, trois rencontres auront lieu en 1953, 1962 et 1972. Derrière son appareil de photos, l’œil du maitre saisit et capte à la fois attentif et discret. Toutes témoignent de la sensibilité tangible qui a uni dans une entente furtive ces deux poètes : celui du verbe et celui de l’instinct.

Dans des petits carnets précieusement conservés dans la maison de Montrouge par ses filles Annette Doisneau et Francine Deroudille, sont scrupuleusement notés les rendez-vous.

brassens-aff.jpg13 février 1953

La rencontre a lieu à l’impasse Florimont. Georges Brassens vit chez Jeanne et Marcel Planche. Il est à l’aune de sa carrière qui a débuté un certain 24 janvier 1952 chez Patachou sur la Butte Montmartre. Robert Doisneau est dans son domaine de prédilection en photographiant l’artiste en devenir au métro Glacière avec un clochard ou sous le pont de la rue Watt avec des enfants.
Une photo paraitra dans le magazine « Vogue » en avril 1953. (Bas de page)


19 décembre 1962

Georges Brassens est maintenant une vedette confirmée.
Du 5 au 25 décembre, il occupe la scène de l’Olympia avec Roger Riffard et Nana Mouskouri, alternant dans un enchaînement savant nouveautés et anciens succès. Mais, les ennuis de santé le harcèlent et la presse se fait l’écho de sa souffrance et de son courage. Il parait probable que Georges Lafaye, directeur artistique de Philips, ait commandé ces prises de vues.
Dans la loge de l’Olympia, Robert Doisneau promène son objectif pour saisir des moments d’intimité, laissant à l’intuition la part belle : Georges Brassens accordant sa guitare, les moments de détentes avec les amis Jean-Pierre Chabrol et Jean Bertola, les propos échangés avec Bruno Coquatrix, la solitude avant le concert.

21 septembre 1972

Un reportage à la rue Santos Dumont, dans l’univers Georges Brassens : séances de travail guitare en main dans les halos de fumée de son indispensable pipe, les premiers vers jetés sur le papier qui deviendront les chansons à succès de demain. Le tout sous l’œil à la fois critique et bienveillant de René Fallet.

 

 

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Georges Brassens, métro Glacière, Paris 1953 © Robert Doisneau

Saisir une image de Brassens c’est le défi réussi par Doisneau qui privilégiait les moments furtifs, les bonheurs minuscules. Un « reporter à titre privé » comme il aimait se qualifier,  pour ses trois rencontres en 1953, 1962 et 1972, de l’artiste en devenir à la vedette confirmée , une intrusion dans l’univers du poète-musicien.

 

 

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