Aragon et Elsa par Léo

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Quand Léo Ferré brise le mythe de l’amour fou entre Louis Aragon et Elsa Triolet. Depuis la mort d’Elsa, « il est libéré. Cette femme le tenait en laisse. »

 

Entrevue par Andréanne Lafond, Radio-Canada, 1972.

https://soundcloud.com/catherine-p-pin-756838437/ferre-aragon

 

Elsa (Louis Aragon-Léo Ferré)

 

Léo Ferré a titré sobrement sa chanson « Elsa ».
Extraits des textes de présentation signés Aragon et Ferré (sur le 33 T uniquement) :  » La rencontre du musicien et du poète est fortuite… Derrière la porte des paroles d’Aragon il y avait une musique que j’ai

trouvée immédiatement  » (Ferré)
« La mise en chanson d’un poème est à mes yeux une forme supérieure de la critique poétique  » (Aragon)

Sont reproduits ici uniquement les passages de la chanson (le poème original s’intitule : L’amour qui n’est pas un mot et comporte 9 strophes)

Elsa

Suffit-il donc que tu paraisses
De l’air que te fait rattachant
Tes cheveux ce geste touchant
Que je renaisse et reconnaisse
Un monde habité par le chant
Elsa mon amour ma jeunesse

O* forte et douce comme un vin
Pareille au soleil des fenêtres
Tu me rends la caresse d’être
Tu me rends la soif et la faim
De vivre encore et de connaître
Notre histoire jusqu’à la fin

C’est miracle que d’être ensemble
Que la lumière sur ta joue
Qu’autour de toi le vent se joue
Toujours si je te vois je tremble
Comme à son premier rendez-vous
Un jeune homme qui me ressemble

Pour la première fois ta bouche
Pour la première fois ta voix
D’une aile à la cime des bois
L’arbre frémit jusqu’à la souche
C’est toujours la première fois
Quand ta robe en passant me touche

Ma vie en vérité commence
Le jour que** je t’ai rencontrée
Toi dont les bras ont su barrer
Sa route atroce à ma démence
Et qui m’as montré la contrée
Que la bonté seule ensemence

Tu vins au coeur du désarroi
Pour chasser les mauvaises fièvres
Et j’ai flambé comme un genièvre
À la Noël entre tes doigts
Je suis né vraiment de ta lèvre
Ma vie est à partir de toi

* on trouve parfois « eau » au lieu de « O » (ça se comprend aussi !… mais le texte original fait autorité – ** même observation pour ceux qui seraient tentés par le « où ».

Louis Aragon (« Le roman inachevé » – Gallimard 1956 et Poésie/Gallimard ) – Léo Ferré (« Les chansons d’Aragon chantées par Léo Ferré » disque Barclay 33 tours n° 80138, paru en 1961 – et les mêmes enregistrements dans le CD « Léo Ferré chante Aragon » Barclay, volume XI de l’intégrale)

 

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