Mais que jamais – mort de mon âme Jamais il ne fouette mes chats

Qu´il boiv´ mon vin, qu´il aim´ ma femme
Qu´il fum´ ma pipe et mon tabac
Mais que jamais – mort de mon âme
Jamais il ne fouette mes chats
Quoique je n´aie pas un atome
Une ombre de méchanceté
S´il fouett´ mes chats, y a un fantôme
Qui viendra le persécuter

 

 

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Ainsi commence l’énumération des « attitudes d’humains si généreux qu’ils en deviennent héroïques, exemplaires » (Alain Poulanges), que Brassens associe à chaque étape de la conquête d’une fille tellement vilaine qu’il la faut à Don Juan. Dans les deux cas, cette générosité s’adresse aux animaux.

Cette affection, bien connue, que Brassens leur portait a donné lieu à de nombreuses images et a été évoquée dans bien des entretiens.

 

Gloire à qui freine à mort, de peur d’écrabouiller

Le hérisson perdu, le crapaud fourvoyé…

 

Gloire au flic qui barrait le passage aux autos

Pour laisser traverser les chats de Léautaud…

 

 

 

 

 

 
C’est aussi la seule fois que Georges évoque Paul Léautaud. C’est l’occasion de découvrir ce curieux personnage.
Il a obtenu une célébrité qu’il ne recherchait guère grâce à une série de 38 entretiens, accordés à Robert Mallet, et diffusés sur les ondes de la Radio Diffusion Française de décembre 1950 à juillet 1951.
Un autre militant de la cause animale mérite d’être évoqué ici. Jean-Paul Steiger (1942-2011) depuis l’enfance a consacré toute son énergie à la défense des animaux, faisant de la souffrance animale son cheval de bataille, qu’elle se manifeste dans les abattoirs, sous forme de massacres à des fins commerciales ou au quotidien. Fondateur dès 15 ans des Clubs « Chouette », du mouvement des Jeunes Amis des Animaux pour lesquels il reçoit le soutien de nombreuses personnalités, il sera plus tard chargé de la communication à la SPA. En 1975, il raconte une partie de ses luttes dans « La plus Chouette histoire de tous les temps », livre dont il demande la préface à Brassens. Il raconte :
Préface pour La Chouette
Et bien entendu Brassens et les animaux, c’est aussi Montélimar, une des rares chansons où Brassens évoque directement un sujet d’actualité.
Avec leurs gniards
Mignons mignards,
Leur beau matou,
Leur gros toutou,
Les pharisiens,
Les béotiens,
Les aoûtiens,
Dans leur auto,
Roulent presto,
Tombeau ouvert,
Descendant vers
La grande mare,
En passant par
Montélimar. [Refrain] :
Dites d’urgence
A ces engeances
De malheur
Et à leurs

 

Gniards
Que chiens, chats
N’aiment
Pas l’ nougat
Même
Même celui
D’Montélimar.

Hélas bientôt
Le mal d’auto
Va déranger
Les passagers.
Le beau matou,
Le gros toutou,
Pas fiers du tout
– Ça fait frémir -
S’en vont vomir
Et même pis
Sur les tapis
Et les coussins
A beaux dessins,
C’est très malsain.

Dites d’urgence
A ces engeances
De malheur
Et à leurs
Gniards
Que chiens, chats
N’aiment
Pas l’ nougat
Même
Même celui
D’Montélimar.

C’est très fâcheux,
C’est plus du jeu,
Et coetera.
Et alors à
Montélimar,
On en a marre
Du cauchemar.
Boutant presto
Hors de l’auto
Le beau matou,
Le gros toutou,
Ces handicaps
Sur Digne, Gap,
On met le cap.

Dites d’urgence
A ces engeances
De malheur
Et à leurs
Gniards
Que chiens, chats
N’aiment
Pas l’ nougat
Même
Même celui
D’Montélimar.

Alors tous ces
Petits poucets,
Ces beaux matous,
Ces gros toutous,
En ribambelle
Ont sans appel
Droit au scalpel.
Les aoûtiens
Les béotiens
Qui font ça n’ont
Pas d’âme, non,
Que leur auto
Bute presto
Contre un poteau!

Dites d’urgence
A ces engeances
De malheur
Et à leurs
Gniards
Que chiens, chats
N’aiment
Pas l’ nougat
Même
Même celui
D’Montélimar.

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