Violettes impériales

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C’est l’occasion de rappeler que Barbara, après avoir expérimenté la scène comme choriste dans Violettes impériales à Mogador, quitte une famille où la vie est devenue difficile et débarque à Bruxelles en 1948.

 

Elle compte sur l’aide d’un cousin éloigné, Sacha Piroutsky, d’origine russe comme elle, chef d’un orchestre de balalaïkas et, à ses heures qui n’étaient pas perdues, proxénète. Elle s’enfuit de chez lui, connait l’errance difficile d’une jeune fille sans le sou. Elle trouve finalement asile à Charleroi et plus précisément à Marcinelle, dans un groupe d’artistes et dans une salle : La Mansarde. Elle y rencontre l’animateur du lieu, Yvan Delporte, qui « fait dans la bande dessinée » et animera les pages de Spirou (malgré Marcinelle, rien à voir, m’assure Jacques Mercier que je remercie, avec les trois frères Delporte : le sculpteur Charles Delporte, le chanteur, Paul Louka, et le poète Jacques Viesvil). Désormais entre Bruxelles et Charleroi, Barbara se fait des amis, « auditionne dans des petites boites ». Période de vaches maigres, qui la ramène à Paris, sans davantage de succès. Ensuite, retour à Bruxelles, pour y ouvrir avec des amis la « maison de Boondael ». Barbara a besoin d’un pianiste : ce sera la géorgienne Ethery Rouchadze, venue à Bruxelles pour y travailler avec Eduardo del Puyo. Rencontre avec un jeune avocat belge, « grand manipulateur, absolument magique » : « C… », avec lequel elle se marie en 1953.

 

C’est par lui qu’elle a « entendu parler pour la première fois des peintres Archimboldo et René Magritte, du poète surréaliste Paul Nougé » (p. 78). Simple mention, hélas, car on aurait aimé d’autres détails. La période bruxelloise se poursuit dans un autre lieu, une friture appelée « Le Cheval blanc », chaussée d’Ixelles, au fond de laquelle s’ouvre une salle où Jo Dekmine venait d’officier ; puis dans une boite de la rue de la Pépinière, toujours avec Ethery. Les choses sérieuses commencent dans les années 1954-56, pendant lesquelles la chanteuse se partage entre Bruxelles et Paris.

 

À Bruxelles, les premiers passages à la radio avec Angèle Guller, un engagement par Jo Dekmine qui anime alors la Tour de Babel, Grand-Place. À Paris, ce sont les débuts dans les cabarets de la Rive Gauche : L’Écluse, Chez Moineau, etc. Fin de la période belge, qui aura tout de même duré environ sept années.

 

 

Georges Moustaki En 1986, avec la chanteuse Barbara.

 

 La biographie de Nougé par Olivier Smolders en dit un peu plus (pp. 180-182). Cette Ethery est l’Ethéry des Cartes transparentes de Paul Nougé, précisément datées du premier semestre 1952 (publiées dans Des mots à la rumeur d’une oblique pensée). « C… » est Claude Sluys, qui s’adonne à la prestidigitation, et qui, en outre, semble avoir rendu de plus grands services professionnels à la grande dame en noir que ce dont elle se souvient ici. Dommage aussi que Barbara n’ait rien écrit dans ses Mémoires, qui concernât les fameux « textes à chanter » composés pour elle et Ethéry par Nougé, et dont ne subsiste que le texte (repris dans L’Expérience continue).

2 Réponses à “Violettes impériales”

  1. André Guardiola dit :

    ps : pardon pour les fautes de fin de parcours  » …CETTE utile et intelligente entreprise… « , c’est mieux…

  2. André Guardiola dit :

    Bonjour,

    Evidemment, on ne peut que vous faire mille compliments sur votre site.

    Cependant, j’ai essayé de commenter la page Télévision, cinéma du 1er janvier 2015 mais je me suis buté sur la mention  » commentaires fermés « . Je voulais réagir à ceci :

     » Voici par exemple ce qu’écrivait à ce propos Bertrand Dicale, autre auteur de référence en ce qui concerne Brassens :

    « Le même moment pénible se répète dans les festivals ou les concerts d’hommage à Georges Brassens. Il y a toujours une bonne âme pour
    s’exclamer : »Avant de nous séparer, on
    pourrait chanter tous ensemble Les Copains d’abord ». Tant que le Parlement n’aura pas voté l’interdiction d’exécution collective et
    publique des Copains d’abord on continuera à
    souffrir de ces chorales improvisées braillant sans vergogne« .

    Revue Serge, janvier 2012
    Et Joel Favreau lui-même prévient ses stagiaires guitaristes que les adieux ne se feront pas aux accents de cette chanson.  »

    Le sieur journaliste Dicale était-il si obligé que cela de se rendre aux festivals des ayatollah de la brassensserie, manifestions que Brassens lui-même aurait sans doute abhorré ( festivals et inconditionnels de lui dans le même sac ). J’ai eu moi-même l’occasion de faire grimper sur scène(s), hors ces chapelles, ( et aussi confidentielles soient ces scènes ) des proches plus ou moins chanteurs pour le fameux Les copains d’abord, et pas forcément en fin de récital, mais parfois oui, plutôt en fin. Et alors ? Je préfère cet amateurisme bon enfant qui se prête à l’esprit de cette chanson plutôt que l’emphase ridicule ( ou ce dégoulinement d’une sorte de respect affecté, voire l’imitation vocale qui ne se veut pas comique -mais qui l’est au demeurant, les habiletés n’y faisant rien ) de certains interprètes vidés de toute inspiration personnelle. Quand je parle d’inspiration personnelle, je ne veux pas dire forcément réorchestration de ceux qui veulent absolument dépoussiérer une bouteille de vieux et bon vin…

    Quand à Joël Favreau que j’admire vraiment en tant que guitariste ( je peux aller mille fois me rhabiller ), j’ai assisté à son récital Brassens, une sorte de foire où toutes les chansons, et jusqu’aux ballades les plus mélancoliques, sont chantonnées, hurlées, éructées même, par le public à cause de ce musicien dont la stimulation effrénée à faire chanter la salle avec lui relèverait, il me semble, d’une sorte de peur du vide, de ce silence pourtant si beau où la poésie s’épanouit tranquillement. Non, cette magie de la chimie des mots du poète passe à la trappe du souffleur. On a envie de lui dire  » pas tout le temps, Joël, la chorale du public pour faire un joyeux unisson populaire, non, arrête !, certains refrains, oui, à certaines chansons, si tu veux ! Joël, putain ! ). Je ne veux pas faire parler les morts mais je pense qu’il doit sûrement entendre de ci de là au dessus de sa tête  » quel con, ce Favreau !  » venu de l’homme qu’il a si brillamment servi jadis, association qui a bien fait ricocher sa carrière, je pense…. Mais comment puis-je être si insolent et comment pourrais-je lui donner des leçons ?!, qui suis-je pour cela ?!, lui mettre la fessée, à lui, Joël Favreau, dont les contre chants ornent si joliment les chansons de Brassens sur les enregistrements de beaucoup de ses disques ?! Eh bien si !, je lui conseille de ne plus chanter ! Mon avis c’est qu’il chante assez juste et qu’il interprète assez faux. Et que le public parce que c’est Favreau se lève violemment à la fin ( puisque que grâce à la télé, par exemple, on a perdu toute valeur de l’applaudissement à bon escient, de la standing-ovation ou du rappel ), et tout le monde se lève pour… faire croire à Joël que c’était vraiment très réussi. Celui qui veut rester assis se lève pour mieux apprécier l’ensemble… le niveau de la bêtise moutonnante humaine qui se fait mal aux paumes des mains comme s’ils devaient applaudir Barssens en personne dans le meilleur de ses soirs à Bobino….
    Voilà, cher Gavroche, je me suis levé du mauvais pied, pardon. Il est vrai que de plus, je suis un fainéant doublement contrarié : 1/ parce qu’il m’arrive d’être courageux au travail, comme pour le boulot d’écrire cette lettre, par exemple, 2/ car je suis jaloux de tous ceux qui ont percé grâce à beaucoup plus de travail beaucoup plus régulièrement, et beaucoup plus de talent. C’est sûr, je suis peut-être meilleur critique que chanteur, qui plus est de seconde zone, mais j’ai commis ce commentaire méchant sans scrupule aucun, je dirai même que ce venin sorti me prépare à une excellente journée. En plus, c’est ma fête. Je vous salue. Et sans vouloir vous donner de leçon, continuez cet utile et intelligente entreprise virtuelle !… André.

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