Annie Van de Vyver ©

par Annie Van de Vyver

Annie Van de Vyver vit en Auvergne. Elle a enseigné en établissement spécialisé à orientation psychanalytique et s’est consacrée à la création et à la direction d’un centre de loisirs culturels pour enfants de 3 à 16 ans avec ateliers de création et festival « Théâtre jeune public » ; Annie Van de Vyver est également peintre.

« J’envisage la poésie comme une forme de méditation sur la vie, au fil des jours ; ses manques, ses vides, ses pleins, ses déliés, ses souffrances, ses espérances ; une forme de réflexion vraie en pleine conscience (croit-on), sachant que les mots font moins mal que ce qu’ils représentent, qu’ils préservent de leur réalité, qu’ils permettent d’évacuer ce qui sinon, ne resterait que silence ou maux ; écrire pour faire un trou dans le trop plein, histoire d’y voir un peu plus clair et résister, fatiguer la vie, se donner totalement. Écrire, recommencer éternellement le voyage entre aimer et mourir. Écrire, faire l’exercice d’une distance, comme préparer un beau cadeau pour une fête imaginaire. Écrire, ne pas avoir à donner de la voix, mieux savoir se taire ou hurler sans bruit. Écrire, ne pas être interrompu, ni vu. Écrire, attendre sans se faire mal. Écrire, rester attaché à la musique, au rythme et à la couleur des mots, écrire comme on respire. Écrire, mettre en scène l’inavouable, l’inachevé, la passion. Écrire, mêler lucidité et folie. Écrire, se mettre à nu devant ses fantômes, délier ses peurs. Écrire, une forme de jouissance portée par un désir éblouissant, un bel acte d’amour. Écrire, voyager entre deux inconscients, entre l’écrit et le lire. Écrire, la plus grande des libertés. »

ANNIE VAN DE VYVER ©

http://bernardlherbier.unblog.fr/2011/08/05/4649/

 

« Nos deux mondes se parlent, s’effleurent et puis se
frôlent,
sans jamais se toucher, comme si nos deux corps
se refusaient à l’autre,
perméables à l’esprit, se jouant sans compter
du ciel et de la terre, du tréfonds des enfers
aux clés du paradis.
Hésitant à tisser une toile entre nous,
Sur l’écrin de nos peaux craquelées de désirs,
le voile de la pudeur habille tout,
l’espace de nos cœurs orphelins des amours disparues.
Je vous embraserais, si vous laissiez mon nom
fleurir sur vos lèvres.
Je vous embraserais sur les champs de l’amour,
si vous lâchiez vos guerres et vos serments
perdus .
Je vous caresserais, bien lovés peau à peau,
si vous vouliez quitter vos armoiries dorées ;
Tous les bruits de fureur cesseraient dans l’instant
et nos nuits sans non-dits seraient notre présent.
En silence et sans armes, nos temps
s’accorderaient. »

 

« L’écume du mystère
La fille de papier
Le désespoir des anges
Harmonie d’oubliés
Elégance des louves
Des anecdotes fluides
Monologues de sourds
Œuvre de l’araignée
Morale d’égoïstes
Dans le bonheur des bulles
Magasin de soleil
Du siècle des cylindres
Chapelle des murmures
Où vogue l’écureuil
Où rêve le cyclope
Où s’exécute l’encre
Création de mon père
Honte de l’escargot
Ténèbres de vampire
Fantômes d’allumettes
Force de mes tempêtes
Dans la gueule du loup
Et l’anneau de l’absent
… »

« J’écris en vain, comme je donne du sang, en plein dans le mille du cœur, en vers et contre tous, pour faire taire le silence de mes zéros de cœur »

Ou bien ces vers de « Poésie » :

« La poésie, c’est quoi,
C’est qui ? Pour quoi ? Pour qui ?
C’est offrir à la plume,
C’est faire cadeau à l’encre
De tempos et de rythmes,
D’odes et des silences
De toutes les couleurs,
De chants d’un arc-en-ciel
Un gris matin d’hiver,
D’un coucher de soleil
Pris en flagrant délit,
Tout rosé, tout rosi ;
Des émotions qui peinent,
Des sentiments qui rient,
Des mots qui s’entrechoquent,
Des pauses qui soupirent,
Des rondes qui s’accrochent,
Mélodies en délire,
Doux sourires fragiles
Etoilés comme espoir
Des lèvres, îles lointaines,
Des mains comme des fils
Qui soutiennent la vie,
Qui retiennent le monde
Empêchant qu’il ne tombe.
Dans un cœur qui s’éteint
Et qui perd tout repère,
Dans un cœur qui étreint
Et deux bras qui attendent,
En rêve, juste en rêve,
Pour protéger du sort
Des douleurs lointaines
Comme un volcan se lève
Et crache son venin. »

* Recueil édité sous l’égide de l’association Peigneurs de comètes.

Le long du grand mur blanc nacré,
Des centaines de lianes,
Parme glycine et mauve lilas,
Fils d’Ariane des pensées passées,
Mais plus mon père,
Plus ma mère.

Miroirs

Derrière le voile de vie
La mourante qui dort
Tarde à ce tain rompu
Où s’acharne lentement
Son écheveau du temps.

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